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=► PRESSE "Privée de Thaïs Poirier, la vie a été dure pour la Nouvelle-Aquitaine"

Le lundi, 27 juillet 2026

Dans Presse

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CRÉDIT PHOTO ZOÉ SOULLARD - DIRECTVELO

Par NICOLAS BERRIEGTS
Le 19 juillet 2026,

La Nouvelle-Aquitaine s'en est tirée avec deux places d'honneur, ce dimanche, au Championnat de France Juniors. Noémie Jurado Roumieux a terminé au pied du podium. "Je n'ai pas atteint le podium, ni la première place, mais je suis très heureuse d'avoir pu sauter Anaïs Martinet sur la ligne pour obtenir une 4e place, sachant que je suis première année, je pense que ça promet pour la suite", sourit-elle. Quant à Lilou Jauvin, elle s'en est sortie avec une 6e place. "Un peu de déception. Les sensations étaient là, mais je suis un petit peu déçu. Niveau tactique, on aurait pu mieux faire. On s'est trompées, on a essayé de s'en sortir. Et puis avec Noémie, on a fait ce qu'on a pu à la fin. On va chercher quand même de belles places pour relativiser", tente-t-elle d'analyser à chaud.

« IL FALLAIT ARRÊTER, C'ÉTAIT LA BONNE DÉCISION »

Mais avec la tenante du titre, Thaïs Poirier, au départ, le comité espérait évidemment mieux au départ. "Ça aurait pu être pire. Mais forcément, avec Thaïs dans le jeu, ça aurait pu changer la donne. Elles sont habituées à courir autour d'elle, ça leur change complètement la course. C'est un scénario inhabituel. Mais c'est une expérience qui peut-être leur servira par la suite", pense François Trarieux, directeur sportif sur la course. Car ce n'est pas une défaillance ou un coup de moins bien qui a mis la future sociétaire de FDJ United-Suez hors jeu, mais bien une chute avant même que la bataille ne commence vraiment. "Je suis tombée une première fois sur la route et après il y avait un fossé, donc j'ai fait des pirouettes. Je me suis retrouvée en contrebas", raconte la principale intéressée.

Forcément choquée, il était d'abord temps de faire l'inventaire des blessures. "Le plus gros, c'est la fesse et la cuisse où je suis toute arrachée, je n'ai plus de peau. Puis le coude en deuxième et le genou". Puis il a fallu prendre une décision car le peloton poursuivait sa course. "Sur le coup, elle était sous le choc. Elle a vite vu qu'elle n'avait rien de cassé, mais c'est elle qui m'a dit qu'elle ne repartait pas. Une minute après, elle a dit qu'elle pourrait peut-être, je lui ai dit que c'était un coup à faire de la merde sous le choc, elle commençait à saigner, ce n'était pas beau. Il ne fallait pas prendre de risques, il fallait arrêter, c'était la bonne décision", raconte François Trarieux. "Quand j'ai vu toutes les blessures, j'ai pensé que c'était mieux de récupérer. Je ne me sentais pas très bien, j'avais déjà un mal de tête parce que j'ai tapé, donc j'ai préféré ne pas repartir", ajoute Thaïs Poirier.

« FORCÉMENT, ON ÉTAIT DÉBOUSSOLÉES »

Sur le parking d'arrivée, Thaïs Poirier avait tous ses esprits. "Je suis bien abîmée, mais j'ai de la chance, ce ne sont que des bonnes brûlures. Il va y avoir une petite coupure durant les prochains jours, mais après ça repartira, c'est superficiel. C'est plus la peur parce que tout le monde m'a dit que la chute était assez impressionnante apparemment. J'ai touché la roue devant, c'est un mauvais timing, il n'y a pas d'erreur technique. Mais il y a forcément un peu de déception de ne pas avoir pu batailler jusqu'à la fin". François Trarieux s'est rappelé de mauvais souvenirs. "J'ai déjà vécu un scénario un peu identique une fois avec Célia (Gery), qui était maillot jaune au Watersley et qui était tombée dans les mêmes conditions. Il faut trouver des bons mots à chaud et rester calme. Ce sont des émotions totalement opposées par rapport à l'an dernier où ça avait complètement souri. C'est l'effet kiss cool".

Mais la course était loin d'être terminée, et il y avait d'autres cartes à jouer pour le comité. "Ça a désorganisé mentalement les autres filles de l'équipe parce qu'elles ne s'attendaient pas forcément à ce que ça se passe comme ça. Donc elles ont mis du temps à se remettre dans la course, et c'est là où tout s'est joué. Du coup, on prend à l'envers", regrette François Trarieux. Et ses protégées sont d'accord. "Forcément on était déboussolées. Thaïs était leader, elle était Championne de France sortante, elle méritait autant que tout le monde le titre et on voulait l'amener jusqu'à la victoire. On a été un peu surprises, on ne savait pas comment réagir", raconte Noémie Jurado Roumieux. "On avait établi une tactique avec Thaïs. On a eu un petit peu de mal à s'adapter rapidement, et c'est là que la course a commencé à se faire. Donc avec Noémie, on ne savait pas trop quoi faire", ajoute Lilou Jauvin.

« ON AVAIT LARGEMENT LES JAMBES POUR ÊTRE À L'AVANT »

Le plan était de laisser Thaïs Poirier faire les efforts quand un coup sortait avec 30 secondes, sans filles du comité. Mais du coup, il a tout fallu revoir. "Je suis allée parler à Noémie. J'ai pensé que ce n'était plus à nous de rouler, pour essayer de suivre les coups. Sauf que les autres comités comme AURA n'avaient pas à attaquer, vu qu'ils avaient une fille devant. Donc on s'est un peu enterrées. Quand je suis allée à la voiture, ils nous ont dit de rouler, mais c'était trop tard", note Lilou Jauvin. Car le bon coup était déjà sorti. "On aurait dû essayer d'aller dans le coup qui est sorti. Laisser Zoé sortir toute seule ensuite, ça n'a pas été très intelligent de notre part", ajoute la 6e du jour. "Avec Lilou on s'est données à fond, mais on a eu du mal à réagir tout de suite et c'est peut-être ce qui nous a coûté le podium", pense Noémie Jurado Roumieux.

En plus, c'est bien le scénario prévu au briefing qui s'est réalisé. "C'est frustrant parce que la physionomie pouvait correspondre à Thaïs. On s'attendait à ce que Justine (Baud) soit la favorite avec elle et que ça se joue dans le final". Mais Justine Baud est finalement sortie seule, avant de devenir Championne de France. "On s'est posé plusieurs questions. La pression, on a su la gérer. Pour moi, avec une bonne tactique, on avait largement les jambes pour être à l'avant", assume Lilou Jauvin. "J'aurais aimé faire mieux, mais j'ai fait ce que j'ai pu", répond Noémie Jurado Roumieux, alors que François Trarieux note le résultat honorable. "En soi, c'est très bien pour elles. Mais ce n'était pas pour ça qu'on venait. Surtout pour Thaïs à qui ça tenait à cœur de défendre son titre. Il faut qu'elle se remette de cet événement et garder son focus sur le Mondial à Montréal". Pour que, cette fois, aucune chute ne l'arrête.