Historique du CCM47

FRANCK CLEMENT UN JUNIOR PROMETTEUR DU CCM47 SA PASSION L’A EMPORTE IL Y A JUSTE TRENTE ANS

 Il y a tout juste 30 ans, un jour pas comme les autres, il est parti.

Franck n’a pas eu le temps pour exprimer toutes les capacités qu’il possédait, ni dans le sport ni dans la vie.

Franck Clément était un élève brillant, scolarisé au lycée Gustave Eiffel de Bordeaux.

Passionné de cyclisme, en sortant du lycée il venait récupérer son vélo chez son entraîneur Victor Caneiro pour partir à l’entraînement.

Un jeudi vers 16 heures il est parti pour une sortie mais il n’est pas revenu.

Franck ce jour-là a connu un destin tragique, il a percuté une pelle mécanique qui était mal stationnée sur le bord de la route.

Après quelques recherches téléphoniques, ses parents et Victor l’ont retrouvé à l’hôpital Pellegrin, mais Franck n’était déjà plus avec nous.

Franck est né le 23 Juin 1970 et le jeudi 9 Avril 1987 vers 16 heures 30 il a rejoint les stars dans le ciel.

 

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Sur ces deux photos Franck est de profil. Sur la photo du haut, on reconnait de gauche à droite : Franck CLEMENT, Pascal MONLEZUN, Gilles CHAUVIN, Victor CANEIRO et Armand DE LAS CUEVAS

Merci à Gilles CHAUVIN et Victor CANEIRO pour ce souvenir

Nous ne l’oublierons pas.

PIERRE LAFARGUE MARMANDAIS PURE SOUCHE DU CCM47

Pierre Lafargue en connaissait un rayon en matière de bicyclette. Il est né à Marmande tout près du Pont suspendu. Son père Germain possédait déjà une boutique à cet endroit, il avait débuté avec une forge. Puis son fils Eric l’a modifié et modernisé, on voit encore l’enseigne de cette imposante boutique. Maintenant il s’est installé à proximité du centre Leclerc. Pierre avait pour passion le cyclisme, en compagnie de Paul Bourillon, faut-il le rappeler un des deux champions du monde marmandais en terme de cyclisme (et également de Jean Quintana).

 

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Il est le fondateur du CCM, à l’époque le Cyclo Club Marmandais. Il n’est pas non plus étranger, avec son compagnon Bourillon à l’installation du vélodrome en bois de Carpette.

 

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Très fidèle, il n’aura couru que sous les couleurs du CCM. Grand sprinter, craint dans le Sud-Ouest, il a remporté une bonne centaine de victoires.

 

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 A l’époque, il courrait avec les indépendants et certains professionnels lors des critériums. Ses adversaires avaient pour noms : Ragagnin, Manfé, Covre, Dolhats, Bianco, Sabbadini, Lesca, De Nadaï, que du beau monde.

 

4 3Casque à boudin et guidon demi-plat

Ils étaient très peu à utiliser ce type de matériel.

 

 

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Ci-dessus un article 1949 retrouvé dans les archives du CCM47.

 

6 13Ancien magasin Cycles Lafargue avenue Paul Gabarra à Marmande

 

7 9Eric Lafargue et son équipe devant le nouveau magasin

cycles Leclerc à Marmande (Audric, Pierre et Denis)

Trois générations dans le vélo et toute une évolution.

ANTONIO FEDRIGO LE PREMIER D’UNE GRANDE LIGNEE DE CYCLISTES

Il est né en Vénétie  à Fontanafreda le 08/10/1913. Il arrive en France en 1928. Il obtient la naturalisation française en 1956 et il nous quitte en 1996, il n’aura pas eu la chance de voir son petit-fils Pierrick évoluer dans les rangs professionnels. Il était licencié au Club de Marmande au sein de la célèbre équipe Elvish-Fontan. On peut voir l’équipe au complet devant la boutique des cycles de Dominique puis Mario Mario Ragagnin.

 

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Antonio FEDRIGO, le premier à droite sur la photo devant la boutique de Cycles RAGAGNIN à Marmande. Il a participé à de nombreuses courses régionales et on retrouve sa trace lors de l’épreuve du Tour du Sud-Ouest (épreuve qui s’est disputée de 1923 à 1952), il courait avec les professionnels. Nous disposons malheureusement de très peu de documents sur son passage au CCM.

 

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Le maillot de l’équipe Elvish (marque de cycles anglaises) et Victor Fontan qui « sponsorisait » l’équipe du CCM. Elvish est une manufacture de cycles qui existe depuis 1883 à Southampton (G.B). L'usine de fabrication est détruite lors de la première guerre mondiale.

C'est à Bordeaux que les vélos sont à nouveau fabriqués, et ce jusqu' à la mort du repreneur, alors que les premiers coureurs régionaux les utilisent en compétition sous contrats.

Le patron des cycles Elvish, Mr Grosnier s'associe au grand champion cycliste Béarnais Victor Fontan et l'équipe devient FONTAN-WOLBER-ELVISH en 1928.

Antonio Fedrigo exerçait la profession de fermier, la famille s’installe au lieudit : les Six Chemins à Roumagne. Comment cette famille Italienne est venue en France ? Ils ne sont pas venus seuls… Nous avons retrouvé dans une étude publiée par Jean-Pierre Pousson intitulée : « Montignac de Lauzun et l’imigration italienne des années 1920 à 1930 », les éléments ci-après. Dans cette étude on constate que ce village  avait en 1930, 32,5% de ressortissant itlaiens dans sa population. Il fallait repeupler cette région de France suite à la catastrophe de la Grande Guerre. Les italiens de la province du Frioul et Vénétie qui était surpeuplée et n’avaient de fait pas grand-chose pour se nourrir, sont venus en tant qu’immigrés s’installer dans ce coin du Lot et Garonne. C’est ainsi qu’en  feuilletant cette étude on retrouve de nombreux noms italiens qui ont pourvu très largement le peloton cycliste de notre région : Fedrigo, Bottecchia, De Nadaï, De Vicenzi, Prémaor, Rossi, Spagnoli, De Luca, Zanette, Grassi, Marcon, Piccolo, Poletto, Campana, Ragagnin et Polese, mais il y en a probablement d’autres.

Alors un grand merci à tous ces courageux d’être venus s’installer dans notre belle région.                                                                                                                                                          

JEROME BONNACE : UN NEO-CALEDONIEN A MARMANDE

Il est né le 28/03/1975 à Nouméa. Ses équipes successives :

 

1997

CC Marmande

1998

US Montauban 93

1999

UC Felletin-La Creuse en Limousin

2000

La Creuse en Limousin-Sunn

2001-2006

UC Châteauroux-Fenioux

 

En 1995 se déroulait le week-end Basco-Béarnais, 4 étapes et 90 espoirs au départ, Jérôme commence à faire parler de lui avec une belle 5ème place au général, devant les yeux de son père qui était venu de Nouvelle Calédonie pour le voir courir. Quelques semaine plus tard il termine second du championnat d’Aquitaine derrière un certain Anthony Langella. Puis les deux compères s’envolent pour disputer le Tour de Nouvelle Calédonie. 

 

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Jérôme Bonnace vainqueur du Souvenir Louison Bobet à la barbe des bretons qui n’en revenaient pas (ici devant Manuel Michot)

Au début des années 2000, il fût à deux doigts de passer professionnel, 3 équipes l’ont approché : Besson Chaussures, AG2R et enfin l’équipe américaine Mercury.

Il a participé aux six jours de Nouméa en 1997 avec Anthony Langella (9ème), avec Pascal Chanteur en 1998 (6ème) et avec Jacky Durand en 2001 (5ème).

 

1996

3e du championnat de France du contre-la-montre espoir

1997

Tour de Nouvelle-Calédonie

1999

Circuit des quatre cantons

Prix du Calvaire

2000

Tour du Canton de Dun-le-Palestel

11e étape du Tour de Nouvelle-Calédonie

2002

Souvenir Louison-Bobet

Grand Prix ouverture de Chateauroux

Circuit des vins du Blayais

Circuit des quatre cantons

1re et 2e étapes du Tour de Nouvelle-Calédonie

3e du Tour de Nouvelle-Calédonie

2003

2e étape du Tour Nivernais Morvan

3e du Grand Prix de Buxerolles

2004

3e du Circuit des vins du Blayais

2005

Circuit des vins du Blayais

2e du Grand Prix d'ouverture Pierre Pinel

2e du Grand Prix Christian Fenioux

3e de Bordeaux-Saintes

3e du Tour du Périgord

2006

Tour de Gironde :

Classement général

2e étape

Grand Prix de Monpazier

3e du Circuit méditerranéen

3e du Tour du Loir-et-Cher

2007

3e et 10eb étapes du Tour de Nouvelle-Calédonie

3ème de la première étape du Tour de Nouvelle Calédonie

 

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Jérôme Bonnace Consultant sur le Tour de Nouvelle Calédonie

FLORENT SENTUCQ

Il a couru sous les couleurs du CCM47 en 2010 et 2011. Surnommé « Le Tuc ».

Une grande figure du cyclisme aquitain, il était né à Lesparre en Gironde, il exerçait la profession de policier à l’Etat-Major de la CRS du Sud-Ouest.

Il a chuté très violemment lors du Cicuit Boussaquin dans la Creuse le 25/04/2016. Il ne survivra pas à ses blessures et décèdera à l’hôpital de Limoges le 04/05/2016. Toute la communauté cycliste et le CCM47 étaient présents  le 10/05/2016 dans l’église Saint Vincent de Barsac pour lui rendre un dernier hommage et soutenir sa famille.

 

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Florent Sentucq participait au Championnat de France de la police, il y avait obtenu une 6ème place en 2011 sous les couleurs du CCM47.

 

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Victoire de Florent en 2012 dans la montée chrono du Mont Faron

 

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Vainqueur de la nocturne de Morcenx dans les Landes (sous les couleurs de l’UC Artix) devant Anthony Langella

 

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Très bon grimpeur, on le voit sur cette photo lors du Prix des fêtes de Sainte Colombe en Bruilhois. Florent Sentucq l’emporte devant Jean Mespoulède tous deux du CCM47, ils pointent leur index vers le ciel en hommage à Marino Verardo.

Il disait dans une interview accordée à Guy Dagot dans Sud Gironde Cyclisme en 2014, que ses meilleurs souvenirs d’équipe étaient à Marmande avec ses coéquipiers Jean Mespoulède, Kevin Labeque, Maxime Martin et Anthony Langella.

Âgé de 39 ans, Florent Sentucq courrait dans l’équipe charentaise-maritime Pons-Gémozac Cyclisme (Team Super U)  en Nationale 2.

 

JEAN MESPOULEDE ANCIEN COUREUR DU CCM47 : PROFESSIONNEL CHEZ AUBER 93

Il est né le 31/10/1980 à Périgueux, fils de Jean-Claude Mespoulède qui a été un très bon coureur de 1ère catégorie sous les couleurs du CC Périgourdin puis de l’ASPTT Périgueux. Jean a été membre du club du CCM47 de 2003 à 2005, suite à ses bons résultats il est passé professionnel chez Auber 93  de 2006 à 2008, retour au CCM47 de 2009 à 2011 et depuis 2012 membre de l’équipe du CC Périgueux Dordogne.

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Echappé dans la seconde étape Loupiac-Cénon (180kms) du Tour de Gironde  2011, en passant la ligne il pensait très fort à son directeur sportif Marino Verardo qui luttait contre la maladie. Il gagne en solitaire devant le suisse Henggeler.

 

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Jean Mespoulède vainqueur en 2011 du trophée des châteaux aux Milandes.

 

Jean est un gagneur, coureur teigneux et accrocheur, il fait le métier comme il aime à dire, mais il est toujours d’humeur égale….en dehors du peloton.

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Jean Mespoulède vainqueur des deux jours cyclistes de Machecoul en 2010 avec son Directeur Sportif Marino Verardo, un des vainqueurs d’étape n’était autre que Warren Barguil.

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VIVIEN BRISSE Licencié au CCM47 de 2009 à 2011

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Un très grand pistard, Champion du Monde à Minsk en 2013

 

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Vivien Brisse vainqueur de la Coupe du Monde de l’américaine

 À Aguascalientes avec Thomas Boudat en 2012.

 

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Aux six jours de Gand avec Morgan Kneisky

 

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Grand Prix d’Eysines en 2011, superbe triplé : vainqueur Vivien Brisse, 2ème Kevin Labeque et 3ème Jonathan Mouchel

 

Il a été successivement licencié CRC 4 chemins de Roanne puis au CCM47 et enfin au CC Périgueux.

Vivien BRISSE a été un de nos meilleurs pistards français. Très déçu de sa non sélection pour les championnats du monde, il a décidé de mettre un terme à sa carrière cycliste à 26 ans. Dommage ces championnats du monde se déroulaient en France sur la toute nouvelle piste de Saint Quentin en Yvelines.

Cet ancien sportif de haut niveau s’est parfaitement reconverti, il exerce son métier dans  le courtage en assurances de personnes,  il est spécialisé dans la protection sociale du dirigeant d'entreprise.

 

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JONATHAN MOUCHEL – UN GRAND ESPOIR 4 TITRES DE CHAMPION DE FRANCE EN JUNIOR LA MEME ANNEE

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Photo Guy Dagot

 

Il a été plusieurs fois Champion de France sur piste (7 maillots décrochés !!!) dont un quadruplé inédit en Juniors (poursuite individuelle et par équipe, américaine et course aux points), Jonathan Mouchel a aussi brillé sur la route quand il a porté le maillot de l’AVC Aix-en-Provence pendant quatre saisons, de 2007 à 2010. Ses coéquipiers de l’époque étaient Thomas Rostollan, Florent Barlet, Benjamin Giraud, Alexandre Blain et Nicolas Fritsch. Cet excellent pistard n’a pas négligé la route ou il possède un beau palmarès. Il a rêvé d’être coureur professionnel et nous pensons qu’il en avait les moyens, ses qualités de poursuiteur en témoignent. Son autre rêve était probablement de participer aux Jeux Olympiques.

 

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Il a fait partie de l’une des plus belles générations du club provençal. Après une dernière année au CC Marmande, il s’est retiré des pelotons en 2011 sur une chute lors d’une finale du championnat de France de l’Américaine, il faisait équipe avec Vivien Brisse (fracture de la clavicule et traumatisme crânien).

Tout s’est arrêté et il est entré dans la vie active comme on le dit couramment.

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Il est titulaire d’un master et aujourd’hui il exerce le métier de courtier en  vin.

 

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Jonathan MOUCHEL, vainqueur en mars 2001 de la nocturne de Libourne devant : K.Labeque, V.Brisse, A.Langella et J.Valade, soit les 5 premiers du CCM47, quelle razzia !!!!

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PASSAGE DU TOUR DE FRANCE A MARMANDE

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Passage du Tour de France à Marmande en 1907

110 ans plus tard en 2017 le Tour sera de nouveau à Marmande sur nos boulevards. La Société du Tour de France qui organise le 104ème Tour de France fera passer l’épreuve dans notre belle ville à l’occasion de la 11ème étape qui aura pour lieu de départ la Bastide d’Eymet et sillonnera, entre autre, le département du Lot et Garonne avant de rejoindre Pau après 202kms.

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PIERRE-HENRY PEPIN DE GONTAUD LE DANDY DE LA ROUTE DU VELOCE CLUB DE MARMANDE

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Il se disait Baron, c’était un rentier lettré qui a été au cours de la fin du 19ème  et début du 20ème siècle une figure du cyclisme régional et national. Il a été l’un des premiers participants pittoresques d’un des tous premiers Tour de France, il est vrai qu’il courait en canotier avec ses serviteurs à sa suite. C’était le 1er aristocrate du peloton, alors tout est vrai ou y- a-t-il un peu d’arrangement avec la vérité ???

Le Baron Pierre-Henry Pépin de Gontaud avait de l’allure ne serait-ce qu’au niveau du patronyme. En 1907, le Baron convoqua les valets de son château près de Toulouse, et leur demanda de se préparer pour le Tour de France. Ils se devaient d’y participer, des étapes de 200 miles et plus, ils règleraient leur vitesse sur la sienne et quand ce serait nécessaire ils répareraient ses pneus (ou peneu dans le Sud-Ouest). En échange ils descendraient dans les meilleurs hôtels et dineraient dans des restaurants chics. Peu lui importait que quelqu’un d’autre puisse gagner. Généreux il paierait ses aides 4000 Francs, c’est-à-dire l’équivalent du vainqueur du Tour de France de l’époque.

Aussitôt dit, aussitôt fait, Pierre-Henry prit le train pour Paris avec Jean Dargassies et Henri Gauban, ils rejoignirent tous trois le peloton des 112 participants à la Porte Bineau le 08/07/1907.

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Lettre d’Henri Desgranges le Directeur du journal l’AUTO, adressée à Pierre-Henry Pépin. Il lui indique qu’il lui remettra une médaille en lieu et place des indemnités prévues.

Pierre-Henry n’avait pas l’intention de se mêler aux costauds comme Gustave Garrigou, Emile Georget ou Lucien Petit-Breton, les plus sérieux prétendants à la victoire. Lui il resterait à l’arrière avec son canotier en le levant  en direction des filles et en leur envoyant des bises. Le peloton s’ébranla à 05h30 le matin, mais l’aristocrate et ses serviteurs ne se pressaient pas. Il finissait toujours sa conversation avec une fille revenait vers ses valets et leur disaient : « Laissons-les partir, et souvenez-vous, nous avons tout le temps dans la vie ». Le peloton s’était déjà éparpillé vers 08h00, en direction de Roubaix. Les trois coureurs restaient ensemble derrière et ne voyaient jamais qui gagnait l’étape. Lors de l’étape Roubaix-Metz, ils arrivèrent avec 12h20’ de retard. Les juges étaient furieux, imaginez ce qu’ils diraient aujourd’hui…Aussi bizarre que cela puisse paraître, nos héros n’étaient pas les derniers. Comme la course se courrait en points et non en temps, il fallait garder de la réserve. Rarement le trio roulait avec quelqu’un d’autre. Mais cette fois, ils aperçurent une forme dans le fossé. Ils se penchèrent pour voir qui ce pouvait être. L’homme leur dit : « Mon nom est Jean-Marie Teychenne », je suis un concurrent comme  vous mais j’ai subi une terrible fringale, continuez, je suis fichu. Pierre-Henry reconnut l’accent de l’homme, il devait être de Toulouse, l’endroit ou Pierre-Henry avait son château. Pas question répondit Pierre-Henry, il donna l’ordre à ses deux acolytes de le tirer de là : « tu nous accompagneras » lui dit-il en le brossant de la boue qu’il avait sur lui. « Nous sommes seulement trois, mais cela se passe bien et nous irons jusqu’au bout de la course, nous ne risquons pas de gagner, mais de cette façon nous visiterons la France ». Ils formèrent ainsi deux couples et vaille que vaille se dirigèrent vers l’étape suivante. Cela se passa-t-il ainsi ? Bien sûr que non. Quelque part entre Lyon et Grenoble, lors de la 5ème étape, Pierre-Henry décida qu’il s’était assez amusé et qu’il était trop fatigué. Il paya ses équipiers et prit le train pour Toulouse. Ainsi se termina un des épisodes les plus hauts en couleurs de l’histoire du Tour de France.

Lorsque l’on fait des recherches, on s’aperçoit que Pierre Henry n’était pas comte, ni baron, ni noble, il disposait tout simplement d’une grande fortune personnelle, il n’avait par ailleurs pas de château. Bien évidemment il n’avait jamais travaillé de sa vie et il ne s’était jamais abaissé à recevoir des prix en espèces (Voir la lettre d’Henri Desgranges). En revanche il était loin d’être un cycliste débutant, il avait couru sept étapes du Tour en 1905. Il n’était pas un Dandy, c’était un vrai coureur cycliste reconnu et il avait sa photo dans les magazines pour ses exploits sportifs autant que pour ses excentricités.

Parlons un peu de Jean Dargassies, c’était un forgeron de Grisolles et il avait couru en même temps que Pierre-Henry. Il avait disputé son premier Tour en 1903 avec seulement deux mois d’entraînement. Il n’avait jamais entendu parler de cette course avant et il se rendit à paris seulement parce qu’un marchand de vélo lui avait dit qu’il était grand et fort et donc qu’il était capable de le faire. Il avait couru le Tour de France en 1905 avec Henri Gauban et c’est probablement à cette occasion que les 3 compères firent connaissance. Le Baron et le forgeron constituaient un drôle de couple.

Une photo sur la couverture du « Cycle » en octobre 1894 montre Pierre-Henry qui était alors une célébrité était très maigre, il avait des yeux passionnés, un menton fuyant et les incontournables moustaches de l’époque. Une autre photo de studio le montre dans une position nonchalante, dans la pose des gentlemen étalant leur statut. Sur une autre photo on le voit portant un brassard, il était devenu entretemps, Vice-président de l’Association cycliste française (ancêtre de la FFC).

Ce dandy était né le 18/11/1864, il décéda en 1914, à 50 ans, il venait de participer à son dernier Tour de France pour la 3ème fois. Son corps était fatigué, il avait fait trop de sport et il en est mort, c’est ce qui se disait à l’époque.

Pourquoi tant de fables autour de ce personnage, mystère ? Les journalistes de l’époque possédaient peu de moyens pour suivre les épreuves, beaucoup d’éléments étaient colportés et propagés, mais peu importe, l’histoire reste belle.

Pierre Henri Pépin de Gontaud a participé à 3 Tours de France :

  • 1905 abandon à la 7ème étape
  • 1907 abandon à la 5ème étape
  • 1914 abandon à la 1ère étape
  • Recordman de l’heure sur le vélodrome Marmandais le 24/09/1894 avec 29,960 kilomètres parcourus dans l’heure.
  • Bordeaux-Paris couvert en tandem avec son compère Bouzeran en 59 heures. Vélo en pignon fixe et avec un seul frein, il se classa 33ème sur 83.
  • Recordman de Paris-Agen en tandem.

Durant toute sa carrière cycliste il a été licencié de 1880 à 1914 au Véloce Club de Marmande de 1901 à 1904 (professionnel individuel)

  • 1905 (professionnel chez Peugeot Wolber)
  • 1906 à 1910 (professionnel individuel)
  • 1911 (professionnel chez Peugeot)
  • 1912 à 1914 (professionnel individuel)

PAUL BOURRILLON : PREMIER CHAMPION CYCLISTE MARMANDAIS ET CHAMPION DU MONDE DE CYCLISME SUR PISTE

Paul Ernest Bourrillon est né rue Labat à Marmande le 14 janvier 1877, il est décédé le 14 avril1 1942 à Marmande-

Fils d'un négociant de Marmande, il fut champion du monde de vitesse à Copenhague en 1896.

 

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Reconversion réussie et surprenante, mais il est vrai qu’il avait du souffle, il devient premier ténor à l'Opéra de Bordeaux

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Son père avait un atelier de serrurerie, il se rendit compte  très vite que la bicyclette (on l’appelait comme cela à l’époque) allait connaître un énorme essor et à partir de 1888, il augmenta sa gamme de produits et services en montant un atelier de réparation et une boutique de vente de bicyclette. Baignant tout petit dans l’ambiance de la petite reine, très vite il prit goût à ce sport et dès ses quinze ans il participa à ses premières compétitions.

 

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C’est un dimanche qu’il emprunta une bicyclette qu’un client avait laissé dans l’atelier de son père, il participa en cachette de ses parents à sa première course à Marmande. Il remporta la victoire facilement laissant ses rivaux à plusieurs longueurs. L’épreuve était dotée d’un prix de 10 Francs, les coureurs devaient parcourir 1km avec aller et retour, virant autour d’un piquet en bois fiché au milieu de la chaussée. Grâce à sa victoire, son père devint ensuite son plus fidèle supporter. Paul Ernest commença à écumer le Sud-Ouest en affirmant ses qualités de vélocité. Très vite n’ayant plus rien à prouver dans sa région, il monta à Paris afin de se mesurer aux gloires du sprint. Le sommet de sa carrière se situe en 1896 ou il triompha à Copenhague dans le championnat du monde de vitesse réservée aux coureurs professionnels, il battit en finale le français Jacquelin et l’anglais Barden.

 

Après cette victoire, si l’on en croit les articles parus dans « La Vie au Grand Air », revue sportive de l’époque, ce fût fantastique. Les édiles, les Sociétés, les musiques de la ville de Marmande et toute la population marmandaise valide étaient venus l’attendre à sa descente du train à la gare fleurie et décorée de drapeaux tricolores afin de lui faire un cortège jusqu’au domicile de ses parents. Les articles de presse étaient élogieux et Paul Ernest entrait dans la légende des seigneurs de la piste. Il allait poursuivre une carrière étincellante en se produisant sur les vélodromes du monde entier, étant reçu par des personnalités telles que le Roi d’Angleterre, le Kronprinz Empereur d’Allemagne, le Tsar de Russie, la Reine du Danemark et l’Empereur d’Autriche.

 

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Il enrichit son palmarès de victoires qui lui tenaient particulièrement à cœur : le championnat de France en 1899. Sa saison 1898 se solda par 63 épreuves avec 62 victoires et une seconde place, il avait franchi la ligne le premier, mais il avait été déclassé au profit de son éternel rival Jacquelin.

Durant ces années, le père de Paul Ernest avait fait aménager à Marmande une piste en terre battue et son fils ne manquait pas d’inviter les plus grands sprinters de l’époque à venir pour se mesurer à lui sur les bords de la Garonne.

La carrière cycliste de Paul Ernest se termina le 12/09/1899 à Montluçon ou il fût victime d’une grave chute au cours d’une épreuve en tandem.

 

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Soulacroix, un célèbre chanteur de l’époque, lui rendait souvent visite lors de sa convalescence et ayant remarqué qu’il possédait une belle voix, ce dernier le poussa à préparer le concours du Conservatoire ou il fût reçu la même année avec  devinez : le numéro 1. Par la suite, il accompli une belle carrière de chanteur d’opéra, d’opéra-comique et même de fantaisiste, parcourant de nouveau le monde sur les scènes comme il l’avait fait au préalable sur les vélodromes. Il prépara sa carrière lyrique et entra au Conservatoire dans la classe de chant de Villaret. Il débuta en 1902 à Nantes dans Faust. On le trouva ensuite au Théâtre des Arts de Rouen, à l’Opéra de Bordeaux (où il est premier ténor en 1904), puis à l’Opéra-Comique (où il débute en 1908). En 1910, il fit une tournée en Amérique. Le 28 mars 1911, il créa Elsen (Branther) d’Adalbert Mercier à la Gaîté-Lyrique. Le 10 mai 1912, il chanta Orphée aux Enfers (Orphée) aux Variétés, aux côtés de Brasseur. Mobilisé pendant la Grande Guerre, il continua cependant de se produire, notamment en avril 1915 à Monte-Carlo, où il chanta Hans, le joueur de flûte  de Louis Ganne, aux côtés de Rose Heilbronner, sous la direction du compositeur. Il fut fait chevalier de la Légion d’honneur (contingent de l’éducation physique) le 16 janvier 1935. Dans la presse, son nom a parfois été orthographié Bourillon. C'est sous ce nom que sa ville natale lui a rendu hommage, en baptisant une allée Paul Bourillon à Marmande. Cette allée qui se trouve parallèle au Boulevard de Maré doit bien faire rire Paul Ernest, de tout là-haut il doit assister chaque année au grand Prix de la Tomate en se disant : Marmande est toujours une terre de cyclisme.

Il est décédé en son domicile, boulevard de Maré à Marmande.

Palmarès :

1895

2e du championnat de France de vitesse

2e du Grand Prix de Paris

2e du Grand Prix d'Alexandrie

3e du Grand Prix de l'UVF

3e du Grand Prix de Florence

1896

 Champion du monde de vitesse

 Champion de Grande-Bretagne des 15 miles

Grand Prix de Genève

3e du championnat de France de vitesse

1897

 Champion de France de vitesse

Grand Prix d'Anvers

Grand Prix de Berlin

Grand Prix de Bruxelles

Grand Prix de Hanovre

Grand Prix d’ouverture de vitesse au Vélodrome de la Seine à Paris

2e du Grand Prix de Leizpig

2e du Derby du Rhin

3e du Grand Prix de Paris

3e du Grand Prix de l'UVF

1898

Grand Prix de Paris

Derby autrichien

Grand Prix de Berlin

Grand Prix de Roubaix

2e du Grand Prix d'Allemagne de vitesse

1899

 Champion de France de vitesse

Grand Prix d'Anvers

3e du Grand Prix d'Italie de vitesse

3e du Grand Prix de Turin

 

DANIEL BARJOLIN UN DES PLUS BEAUX PALMARES AMATEURS FRANÇAIS ANCIEN COUREUR DU CCM47

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720 victoires et + de 50 ans de carrière qui dit mieux !!!

 

Daniel est d’origine charentaise, il est né le 27 avril 1938 à Ruffec. Il habite dans le Lot et Garonne à Miramont de Guyenne depuis une bonne quarantaine d’années. C’est le fils de Louis Barjolin qui a été professionnel de 1932 à 1939, Il était visiblement fait pour faire du vélo, garçon bourré de talent, il savait aussi bien sprinter que grimper, sur ce dernier point il aurait glané plus de 150 prix de meilleur grimpeur, excusez du peu, il est vrai que deux éléments ont joué en sa faveur : son poids et son rythme cardiaque de 38 pulsations/mn.

Il a toujours impressionné ses adversaires, il a couru avec de très grands champions français comme Poulidor, Delisle, Letort, Anglade, Stablinski, Genet,… mais aussi avec des champions étrangers comme Merckx, Ocana, Adorni, Motta ou Gimondi. Dommage qu’avec ses capacités il ne soit pas passé professionnel, il aurait pu montrer sa classe sur des courses d’un jour ou sur des courses à étapes. Gaston Plaud lui avait proposé de passer pro  au sein de l’équipe Peugeot en 1963, mais Daniel qui possédait un CAP d’ajusteur a préféré garder son métier, il travaillait à Miramont de Guyenne et il se trouvait un peu frêle à l’époque (c’est lui qui le dit), rappelons qu’il venait de passer 29 mois en Algérie et cela l’avait comme on peut l’imaginer affaibli (5okgs pour 1m63 (comme Pierre Dac… au niveau de la taille). D’autres directeurs sportifs : Jean De Gribaldy et Maurice De Muer l’avaient également approché. Il a probablement préféré être un des tous meilleurs amateurs français plutôt qu’un pro modeste, c’était son choix, et on le respecte.

 

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Il a signé sa première licence chez les amateurs en 1955, il a alors 17 ans. Le premier club auquel il appartient est le Vélo Club de Ruffec (durant quatre ans et 22 victoires) puis deux ans au cours de son service militaire au COB Oran en Algérie (8 victoires.), ensuite le CSM Puteaux (trois ans et 33 victoires), le CA Civray (huit ans et 187 victoires.), et plus près de chez nous : l’US Tonneins (six ans et 71 victoires.), l’UC Bazas (trois ans et 60 victoires),l’ UC Villeneuve sur Lot (trois ans et 25 victoires), et enfin le Club Cycliste de Marmande (quatre ans et 45 victoires). Juste pour mémoire, en 1970 il a remporté 35 bouquets, malgré sa petite taille, il allait très vite au sprint le bougre.

3 19Daniel Barjolin vainqueur en Charente sous les couleurs du CA Civray

 

Par la suite, il a apporté son concours aux non-voyants, dans les courses de tandem handisports avec son compère Jean-Louis Gouzy (62 victoires, Champion de France, Champion d'Europe et même  recordman du monde de l'heure sur la piste de Bordeaux toujours avec Jean-Louis, ils accomplirent 44,546kms dans l’heure le 25/09/1980, le record tiendra 16 ans). Sur la fin de sa carrière il a pris une licence à l’UFOLEP et à la  FSGT de 1988 à 2005 avec 110 victoires à la clef. Au total, 50 saisons de compétition sans interruption et 720 victoires. Mais il était également très compétitif avec les pros : 2e autour du Béarn, à la Poly-multiplié lyonnaise, à Saint-Flour, à Oradour-sur-Glane, au Championnat de France par équipes, à Egletons ainsi qu’au Grand Prix de Boulogne, plus 750 places dans les cinq premiers, en tout 1500 top 5 soit 30 chaque année. En outre, il fut champion du Poitou à cinq reprises,  c’est probablement ces victoires qui ont une place privilégiée dans son palmarès. Vainqueur du Trophée Aquitain (1976 et 1977), du Trophée National des cyclo-sportives en 1994, 1995 et 1996, vainqueur de Bordeaux-Paris en 1988 en moins De 22 heures sous les couleurs de la FSGT.

 

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Daniel avec son pote Michel Fedrigo, ces maillots ne viendraient-ils pas de Pierrick ?

 

On peut affirmer que son palmarès aurait été encore plus important  si au cours de sa longue carrière, il n’avait pas connu des chutes sérieuses, comme une fracture du pied en 1962, une double fracture tibia-péroné en 1969 et une double fracture de la clavicule en 1978 (sans compter son service militaire durant les évènements d’Algérie).

Pour rendre hommage aux Barjolin, une cyclo intitulée « La Barjolin » sous l’égide de l’UFOLEP est organisée à Taize-Aizie en l’hommage de son père Louis (ce dernier possédait encore une licence à 90ans) et de ses deux fils Jacky et Daniel, vous voyez l’atavisme est bien présent.

En 2004, Daniel cannait une petite alerte de santé, il arrête après plus de cinquante années de compétition, mais rassurez-vous il pratique toujours le vélo avec assiduité, désolé, j’allais dire la bicyclette… Plus jeune sur les circuits on l’appelait : « le petit bonhomme », nous pouvons vous assurer sans crainte que c’est un grand bonhomme.

Et comme dit la chanson de Pierre Bachelet :

Petit bonhomme
Tu veux tout faire comme t'en as envie
Vivre au maximum
Brûler ta vie
Sans savoir où tu vas
Petit bonhomme
Partir sans rien savoir
C'est un peu comme
Marcher dans la nuit noire
Petit bonhomme
Et dire que j'ai fait comme toi

 

5 11Son papa Louis Barjolin possédait un atelier

De cadreur dans sa boutique de Ruffec

 

Pour le palmarès de Daniel Barjolin (très long) je vous renvoie sur l’excellent site de MEMOVELO.

ARMAND DE LAS CUEVAS UN COUREUR MARMANDAIS

Armand De Las Cuevas a été très certainement le meilleur coureur que le CCM47 a possédé dans ses rangs et ce n’est pas faire affront à tous les autres. Il avait une classe évidente, était-il nonchalant, je ne le pense pas, il était simplement différent et avait un peu de mal à entrer dans le moule de tous les bien-pensants.

Et dire qu’Armand souhaitait se diriger vers la boxe, à 20 ans il était inscrit dans une salle à Floirac et il boxait pour préparer sa saison…tiens, tiens, cela ne vous rappelle pas un coureur actuel ayant sensiblement le même caractère !!!

Armand aime remercier son entraineur Victor Caneiro, il se rappelle de leur complicité. C’est ce dernier qui est allé rendre visite à Dominique Arnaud (ancien professionnel chez Reynolds disparu récemment en juillet) qui l’a fait engager comme pro avec un contrat de trois ans à la clef. C’est encore le même Dominique qui l’a fait signer chez Guimard dans la grande équipe Castorama. Et jamais deux sans trois, le toujours fidèle Dominique lui a proposé son dernier contrat pro au sein d’une équipe italienne Amica Chipo.1 26

Quoi de mieux pour évoquer Armand que le très bel article paru en 1995 dans Libération et signé de Jean-Louis Le Touzet :

Portrait

Armand de las Cuevas cultive sa non-différence. Rien n'énerve plus le coureur de Castorama que la réputation de marginal du peloton qui colle à son maillot.

Par Jean-Louis Le Touzet — 14 juillet 1995

Saint-Etienne,

Envoyé spécial Il a filé en douce en laissant le peloton ensommeillé à ses douleurs montagnardes. Dans la plaine industrielle qui enfume Grenoble, son avance est mince, mais son coup de pédale est rond. Armand de las Cuevas roule droit, profite de l'ombre des marronniers et de Rolf Aldag, de Telekom, qui vient de se coller dans sa roue. Le coureur de Castorama tient là une chance de tordre le cou à la poisse qui le poursuit depuis sa chute dans les Quatre Jours de Dunkerque, en mai dernier. Clavicule cassée, il ordonne, le lendemain de l'opération, qu'on lui livre dans sa chambre un home-trainer. On s'efface devant l'insistance bêcheuse. Lui assure qu'il courra le Giro le mois suivant: «C'est impossible que je ne prenne pas le départ, je n'ai jamais cessé de m'entraîner. Je me suis toujours fixé des lignes de conduite et je n'en bouge pas.» On crie alors au fou chez Castorama. Après quatre jours de course dans le Tour d'Italie, le Français abandonnera au bord de l'Adriatique, le nez dans le vent du large: «Mon corps a dit stop», lâche-t-il, soûl de fatigue et de douleur.

Pascal Dubois, manager adjoint de l'équipe Castorama, dessine au fusain le fichu caractère du surdoué du cyclisme français: «On a bien essayé de le raisonner. Mais ça ne servait à rien. Il avait décidé de courir le Giro. On s'est inclinés. Je ne sais pas ce qui se serait passé si on le lui avait interdit...» A 27 ans, ni capitaine de route, ni véritable leader, Armand de las Cuevas est dans son équipe un «coureur protégé», explique Pascal Dubois, qui jongle avec les nuances en serrant les dents.

Avec ses cheveux chiffonnés qui coulent en cascade, la casquette bleue à la visière relevée et les lunettes bombées qui cachent des yeux caverneux, de las Cuevas a de faux airs de Jean Robic. Dans le peloton, il promène son regard brun sourcilleux et son corps taillé pour la lutte. En 1991, excédé, il boxe un coureur colombien. Il est viré du Giro sur-le-champ: «C'était une connerie, mais il m'avait cherché. J'assume.» Depuis, le champion de France 1991 porte comme une bannière une épaisse réputation de marginal. Quand ça lui tombe dans les oreilles, il se fout en rogne: «Tout ça, c'est des conneries de journalistes. Je ne sais pas d'où ça vient. On prétend que je suis un mec à part, mais un marginal ne fait pas de vélo. Se faire mal, c'est pas un truc de marginal. Qui a déjà vu un marginal vivre en famille? Parce qu'une équipe, c'est comme une famille.» Il se retourne vers son soigneur, roule des yeux inquisiteurs: «Hein, Jean, est-ce que je suis différent des autres coureurs?» L'autre sourit en rangeant ses pommades: «Non, non Armand, t'es comme les autres.» De las Cuevas, satisfait: «Ben, tu vois.»

Lui qui a mal épousé le vélo ­ «C'est mon père qui m'a mis dessus à 12 ans. Je n’étais pas trop d'accord, puis ensuite ça m'a plu» ­ a fait fondre sous les premiers coups de pédale ses rêves pugilistiques. Il se voyait boxeur puncheur. La bicyclette a fait de lui un styliste et un redoutable coureur de contre-la-montre. Chez les amateurs, agitateur de peloton, il tape dans l'œil de José-Miguel Echavarri, le mentor de Miguel Indurain. Trois ans d'apprentissage sur les routes de Navarre et de Galice, à courir la prime et à bûcher le castillan, et à pester parfois contre un père espagnol oublieux de ses origines. Mais Indurain se fâche tout rouge. Il supporte peu l'indépendance du Français et fait rompre son contrat.

En 1993, Armand de las Cuevas disparaît pour un temps du paysage cycliste, puis signe chez Castorama. Entre Cyrille Guimard, le manager général à l'esprit fort, et de las Cuevas, l'orage éclate. Coincé dans le compromis, les non-dits et les grosses fâcheries, Armand de las Cuevas pédale seul.

Scrupuleux comme un moine copiste, il fait le compte de ses douleurs entre douche et massage. «Ça sert à quoi d'avoir du talent si tu as peur de la souffrance? Le vélo, ça fait mal, c'est la seule chose que tu saches quand tu commences.» Depuis le départ du Tour, il pilote dans le gras du peloton ses dernières illusions de beau coureur. «Je vise le général», disait-il. Il pointe aujourd'hui à la 56e place, à une heure et cinq minutes de son ancien leader. «Je suis à ma place. Je ne vois rien à redire à ça. Je retrouve peu à peu mes sensations. Mais j'ai débuté le Tour dans une forme médiocre. Ça ne pardonne pas.»

Il ramasse sa lourde chaîne au bout de laquelle balance un christ d'argent et détaille sa ligne de vie: «Je ferai du vélo tant que je me sentirai bien. Jusqu'à 35 ans et plus. Rominger, lui, on ne lui demande jamais son âge, il continue à pédaler et ça doit en emmerder certains.» Un mécano passe par là: «Ah, Armand, on dit beaucoup de choses sur lui. C'est le coureur le plus courageux que je connaisse. Quand ça ne va pas, il ne se plaint jamais. Mais on voit bien qu'il souffre. Même pour son vélo, c'est pareil, il ne fait jamais de reproches. C'est bien simple, les grands coureurs ne se plaignent jamais.»

De las Cuevas jette un regard sur les plaies qui couturent ses bras. «Je ne crains pas les chutes, ça fait partie des risques. Moi, c'est la maladie qui m'angoisse, la fièvre qui te prend comme ça, qui te diminue et qui t'oblige à lâcher prise. Moi, j'appelle ça les coups du sort. C'est ce qu'il y a de pire pour un coureur.» Hier, lâché dans le col de la Croix de Chabouret par ses compagnons d'échappée, de las Cuevas a senti le souffle chaud du peloton qui revenait sur lui. Cinquième de l'étape, il a ensuite raconté des histoires d'attaques boomerang qui avortent, puis a confié son corps déjà assoupi aux mains du masseur. Ensuite, il s'est endormi, paisible cycliste, le christ collé sur le front par la sueur.

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PALMARES

MARINO VERARDO – CHAMPIONNAT D’AQUITAINE UN MARMANDAIS SUCCEDE A UN MARMANDAIS …

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Disputé à Hossegor dans les Landes, en bordure de mer et au milieu des pins, le Championnat d’Aquitaine s’est déroulé dans des conditions difficiles, pluie, froid et vent fort. Cette course au titre a vu un Marmandais, Marino VERARDO succédé à un autre Marmandais Francis CASTAING. Le nouveau champion d’Aquitaine n’est pas un inconnu et il figurait bel et bien dans les favoris de ce championnat.

Après les escarmouches figurant à chaque début d’épreuve, le rusé Marino faisait déjà partie d’une échappée avec Szkolnik et Mendribil que Becaas, Villeminae, David et Fossart venaient épauler. Sur une réaction du peloton, les fuyards étaient repris au  huitième tour sur les treize que comportait ce Championnat. En attaquant à l’avant dernier tour, soit à environ 20 kilomètres de l’arrivée, tout était encore possible pour chacun des coureurs composant ce peloton roulant à vive allure. Marino Verardo attaquait à nouveau suivi par Becaas et réussissait à la suite d’une action commune à prendre 30 secondes d’avance. Dans l’ultime boucle, Boudé, Prioleau, Roques et encore Mendribil rejoignaient le duo de tête. De ce fait, le futur champion ne pouvait être qu’un de ces six hommes. Marino était le plus véloce et Becaas le plus puissant, ce dernier lançait le sprint de loin dans la côte d’arrivée et surprenait tout le groupe à l’exception de …Marino qui réglait son compagnon sur le fil.

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QUI ÉTAIT MARINO VERARDO ?

Cet ancien coureur était manager général du Cyclo-Club Marmandais.

 Marino Verardo est décédé en 2011 à l’âge de 49 ans après deux mois d'une inexorable maladie. Coureur régional de haut niveau, Marino s'était construit un palmarès élogieux, comptant près de 300 victoires conquises sur les routes d'Aquitaine et au-delà. Parmi ses plus marquants succès figurent les grandes courses classiques de la région comme Bordeaux-Castillon, Tarbes-Sauveterre, La Primevère Montoise à deux reprises, le Grand Prix de Lagorce-Laguirande et le Trophée des Bastides.

Il s'était également imposé sur l'épreuve reine Bordeaux-Saintes et le Grand Prix du Marensin. Plusieurs étapes du Tour du Béarn-Aragon, du Tour de l'ex-Yougoslavie, des Tours de Gironde, de Vendée, du Béarn et des Landes sont inscrites à son palmarès ainsi qu'une victoire au classement général de l'Essor Basque. Il avait terminé sa carrière par la pratique du VTT.

Originaire de Pian-sur-Garonne, près de Saint-Macaire (33), Marino Verardo avait opté dès son plus jeune âge pour le Cyclo-Club Marmandais (CCM), dans le sillage de son frère Mario et d'un autre Girondin de grand talent, Francis Castaing.

Employé à la municipalité de Marmande, Marino Verardo était tout naturellement devenu éducateur au sein du CCM. « Il aurait pu prétendre à franchir le pas et rejoindre le peloton professionnel.

Dirigeant du grand club marmandais, il dispensait en tant qu'entraîneur ou manager des conseils avisés. C'était, comme au temps où il courait, un meneur d'hommes combatif, et un exceptionnel visionnaire de la course cycliste… »

Durant sa carrière Marino a porté les couleurs des clubs suivants : V.C. Langon de 1975 à 1980, C.C. Marmandais de 1981 à 1984, A.S. Facture Biganos 1985, A.C.B.B. 1986 et 1987, C.C. Marmandais de 1988 à 1991, U.S. Bouscat en 1994 et de 1998 à 2000

Sa sépulture se situe à Thouars-sur-Garonne.

 

Rappel de son palmarès :

  • 1975 – 1976 : En minime : 5 victoires sur route, 11 sur piste. En cadet : 4 victoires sur route.
  • 1977 : 12 victoires sur route, 3 sur piste. 1978 : 4 victoires sur route, 2 sur piste.
  • 1979 : 7 victoires sur route, 1er de la finale régionale du concours Gan.
  • 1980 : senior B et A, 7 victoires sur route, 2 sur piste, 1er de Bordeaux-Castillon, 1er du contre-la-montre par équipe du Tour du Béarn.
  • 1981 : 5 victoires sur route, 5 sur piste. Champion d'Aquitaine FNSU, 1er du contre-la-montre par équipe au Tour de Gironde.
  • 1982 : 7 victoires sur route, 6 sur piste, 1er Tour du Blayais, 1er contre-la-montre par équipe au Tour du Béarn, points chauds du Tour de Gironde.
  • 1983 : 7 victoires sur route, 5 sur piste, 1 er de Bordeaux-Saintes, 2e étape des 3 jours des IVIauges du contre-la-montre par équipe du Tour du Béarn, prologue du Tour du Béarn Aragon, points chauds du Tour de Gironde.
  • 1984 : 7 victoires sur route, 6 sur piste, 1er d l'Essor Basque + 3 étapes du circuit des Bastides, 3e étape du Tour de Vendée, du Grand Prix de Lagorce Laguirande, points chauds du Tour de Vendée. Marino s'est classé 2e de la 3e étape de l'Etoile des Espoirs Open, devancé par le spécialiste des six jours l'Allemand Ralf Hoffeditz. Dans la roue de Marino terminaient ce jour-là 3e M. Gayant, 4e adrie Van der Poel, 5e Kim Andersen.
  • 1985 : 7 victoires sur route, 1 sur piste, 1er du Grand Prix du Centenaire à IVIont-de-Marsan, du Tour du Blayais, du circuit du Marensin, du circuit des Bastides, de la Primevère Montoise.
  • 1986 : 5 victoires, 1er de la 5e étape du Tour de Yougoslavie (équipe de France), du Grand Prix de la foire expo à Mont-de-Marsan, de la nocturne de la Madeleine à Mont-de-Marsan, d’Hendaye Hernani, de la nocturne de Bruch.
  • 1987 : 4 victoires, 1er de la 3e étape du Tour de Gironde, de la nocturne de la Madeleine à Mont-de-Marsan, du Grand Prix de Valence-sur-Baïse, du Grand Prix de Bordeaux Caudéran.
  • 1988 : 3 victoires, 1er du Grand Prix, Hyper Cash à Villeneuve-sur-Lot, de la nocturne du Bouscat, de Lagorce Laguirande.
  • 1989 : 6 victoires, 1er de l'Enfer Béarnais, du Grand Prix de la Victoire à Libourne, de Tarbes Sauveterre, de la 2e étape du Tour de Gironde, de la 2e étape du Tour du Béarn, du critérium de Terrebour.
  • 1990 : 1 victoire, 1er du circuit des vins du Blayais.
  • 1991 : 5 victoires, 1er de la nocturne des champions à Mussidan, de Mont-deMarsan - Arcachon, des Grands Prix de Trémolat, d'Eauze, de la 3e étape du Tour des Landes.
  • De 1992 à 1993 et de 1995 à 1997: ne court pas.
  • 1994 : 3 victoires, 1er de la nocturne de Fumel, de Castelmoron, de Brantonne.
  • 1998 et 1999 : pas de victoire.
  • 2000 : 2 victoires, 1er à Buzet-sur-Baïse et à Saint-Sulpice et Cameyrac.

FRANCIS CASTAING : 1980 SA DERNIERE ANNEE AMATEUR AU CLUB CYCLISTE DE MARMANDE

Retour sur le Championnat Régional d’Aquitaine :

En Choisissant les Boucles du Périgord Vert, dont le tracé empruntait des routes sinueuses sur 160 kms autour de Nontron, le Comité d’Aquitaine avait pris une bonne décision pour organiser son championnat régional sur route. Le vainqueur ne pouvait être qu’un coureur en grande condition, ne craignant pas les difficultés et possédant assez de ressources en cas d’arrivée au sprint.

Dès le 20ème kilomètre, 8 coureurs avaient réussi à fausser compagnie au peloton. Au kilomètre 60, ils possédaient 1’50’’ d’avance, allaient-ils tenir encore 100kilomètres ? Se relayant parfaitement leur avance atteignait 2’30’’ au 100ème kilomètre pour passer à 3’50’’ à une trentaine de kilomètre de l’arrivée, chacun caressant l’espoir de battre les autres. Ce fut au sprint que se régla l’issue de ce championnat. Comme en 1979 à LAPLUME (commune chère à notre ami Philippe Lefèvre) Francis CASTAING l’emporta facilement devant son dauphin de l’année passée Bernard Pineau, le jeune Dominique Delort et le coriace Francis Garmendia.

Cela ne fut pas une surprise pour ceux qui eurent l’occasion de suivre cette dure épreuve. Francis réunissait déjà au départ tous les suffrages eut égard à ses qualités de routier et tous les résultats obtenus depuis son passage en senior A en 1978. Ce jeune vigneron né en 1959 à Bordeaux mais habitant la ferme familiale sur les coteaux de Langoiran ou le vin est fameux.

Il avait un palmarès routier étonnant : 28 victoires en 1978, 15 en 1979 avec entre autres : Manche-Atlantique, Paris-Dreux, Royan-Blaye, Tour de la Gironde, Tour du Lot et Garonne, le championnat d’Aquitaine, etc…

Depuis le début de 1980, il a gagné : Paris-Ezy, le Grand Prix de Bayonne, Bordeaux-Saintes, le classement par points du Granitier Breton, Deux étapes au Tour de Yougoslavie et le classement par points, le Championnat d’Aquitaine et il est également sélectionné pour le Jeux Olympiques de Moscou sur route.

Dès 1981 Francis démarra sa carrière professionnelle.

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Bon amateur, il remporte 150 victoires sur route et 102 sur piste.

Professionnel de 1981 à 1988, successivement chez Peugeot Esso en 1981, Peugeot Shell Michelin de 1982 à 1985, RMO en 1986, ADR-IOC-MBK en 1987 et Z-Peugeot en 1988.

Il fut l'un des coéquipiers de Gilbert Duclos-Lassalle et de Pascal Simon.

Palmarès sur route :

Tour de France :

  • 1984 : 105e
  • 1985 : 132e, vainqueur de la 6e étape
  • 1986 : 130e

Tour d'Espagne :

Palmarès sur piste :

Championnats de France :

Déaprt d'une course à Marmande en mars 1950, sous la pluie.

Devant l'an,cien café l'Univers situé à l'angle du boulevard Gan,betta et de l'avenue du Maréchal Foch

Marmande 1950

L'équipe Terrot au grand complet devant les "Nouvelles Galeries" en 1950

pour le départ du Grand Prix de la ville de Marmande

Equipe terrot mars 1950 nouvelles galeries

Le début du C.C.M

IL Y A 80 ANS NAISSAIT LE VELODROME DE MARMANDE…

 

 

Velodrome

Le 26 mai 1935 était inauguré le vélodrome de Marmande, il était situé à la Gravette. Cette piste était composée de lattes de bois fixées sur une charpente et disposées perpendiculairement au sens de l’avancement des coureurs. Cette piste connut un grand succès et l’on a pu voir pendant quelques années les plus grands champions français et étrangers se mesure aux coureurs régionaux.

La piste avait un relèvement de 50%, il faut savoir qu’un vélodrome en terre battue existait au préalable et depuis 1896, soit 120 ans.

Dominique Ragagnin fût le premier coureur du Cyclo-Club Marmandais à remporter un bouquet sur cette piste lors d’une course poursuite.

C’est Paul Bourillon, un Marmandais pure souche qui créa une société pour la construction du vélodrome de la Gravette.

Paul Bourillon a vendu le vélodrome en 1938. Il fut démonté et remonté à Condom, puis démonté à nouveau et remonté à Nice.

Paul bourillonPaul Bourillon grand pistard, fût sacré champion du monde de vitesse professionnelle en 1896 à Copenhague en battant le français Jacquelin. En 1898 il disputa 63 épreuves sur tous les continents et remporta 62 victoires et…une deuxième place. Sa carrière se termina le 12 septembre 1899 à Montluçon où il chuta gravement. Par la suite Paul Bourillon accomplit une belle carrière de chanteur d’opéra, d’opéra-comique et de fantaisiste parcourant à nouveau le monde comme il l’avait déjà parcouru sur les vélodromes, belle reconversion… sauf pour notre cher vélodrome disparu.