=► ON A RETROUVE JONATHAN MOUCHEL

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CRÉDIT PHOTO GUY DAGOT - WWW.SUDGIRONDECYCLISME.FR


Par JEAN-MICHEL RUSCITTO
Article de Direct Vélo paru le 31 mars 2016,

Multiple Champion de France sur piste dont un quadruplé inédit en Juniors (poursuite individuelle et par équipe, américaine et course aux points), Jonathan Mouchel a aussi brillé sur la route quand il a porté le maillot de l’AVC Aix-en-Provence pendant quatre saisons, de 2007 à 2010. Il a fait partie de l’une des plus belles générations du club provençal. Après une dernière année au CC Marmande, il s’est retiré des pelotons en 2011 sur une chute en finale de l’Américaine. Aujourd’hui courtier en vin, il a rembobiné de quelques années pour DirectVelo.

DirectVelo : Qu’est ce qui te vient à l’esprit quand on évoque ces années vélo ?
Jonathan Mouchel : Aix sans hésitation. C’était des années magnifiques. On a vécu des moments inoubliables, que ce soit sur le vélo ou en dehors. D’ailleurs même si je suis rentré sur Bordeaux, je continue de voir régulièrement mes anciens coéquipiers. L’AVC Aix, c’était une famille. Aujourd’hui Rosto (Thomas Rostollan), Benji (Benjamin Giraud), Barluche (Florent Barle), Alex (Alexandre Blain) et Colin (Menc Molina) sont devenus des amis. J’étais tellement heureux à Aix que je ne voyais pas que j’étais en train de m’enterrer sportivement.

« A AIX, NOUS ETIONS UNE FAMILLE »

Tu dis ça par rapport à la piste ?
Oui quand je suis venu à Aix, je pensais que j’avais le talent pour passer pro sur route mais ce n’était pas le cas (rires). J’aurais dû me focaliser sur la piste mais l’ambiance était tellement bonne que je ne pensais pas à partir. La piste c’était vraiment ma passion, la discipline que je comprenais. J’aurais aimé une carrière comme celle de Jérôme Neuville, c’était un exemple pour moi.

Et finalement, c’est sur piste que tout s’arrête avec cette chute en finale des Championnats de France de l’Américaine ?
Oui, je me suis cassé la clavicule. Du coup j'ai laissé passer la chance d’être appelé en Equipe de France. J’ai rappelé mon patron chez qui j’avais fait mon stage en Master. Il m’a proposé de m’embaucher tout de suite, j’ai accepté. Tout s’est arrêté net. Aujourd’hui je me dis que c’est la meilleure chose qu’il me soit arrivée. J’étais au bout mais je ne me rendais pas compte parce que j’étais passionné. Je ne supportais plus d’aller m’entraîner, je devenais de plus en plus nul. En fait j’aime le vélo mais je n’aime pas en faire (rires).

« COMME UN GOSSE DEVANT LE TITRE DE WIGGINS »

Tu suis toujours l’actualité du vélo ?
Ah oui ! Je n’ai raté aucune épreuve des derniers Championnats du Monde sur piste. Devant la victoire de Wiggins sur l’Américaine, j’étais comme un gosse. Wiggins, ça a été une inspiration pour moi. Je suis aussi les Français. Ce qu’a fait Benjamin Thomas a été magnifique ! Morgan Kneisky et Thomas Boudat sont aussi au top. Je suis aussi passionné par la route. Devant Milan-San Remo, j’étais comme un fou !

Quelles sont les images que tu gardes de ta carrière ?
J’en ai des tonnes en mémoire. Les trajets dans le bus à Aix, c’étaient des aventures ! Et puis il y avait des Hollandais, des Finlandais, même un Canadien qui était venu. Tout ça ce sont des histoires de vie. Je le répète mais nous étions amis. J’ai un souvenir particulièrement fort sur le Tour du Loir-et-Cher où l’on défendait le maillot d’Alexandre Blain. Ce sont des victoires par procuration mais je me suis régalé. Encore aujourd’hui, à chaque fois que l’on se revoit on se raconte nos histoires. Nos femmes les connaissent par cœur ! Sportivement, faire partie de l’Equipe de France et participer à des Coupes du Monde ou des Championnats du Monde, ça reste une grande fierté.

On pensait que tu allais parler de tes titres nationaux ?
Ouf c’est vieux tout ça (rires). Ça a été presque trop facile pour que j’en sois vraiment fier. Nous étions un gros comité avec du très bon matériel. Ma petite fierté ça reste mes quatre titres en Juniors car personne ne l'a refait depuis. A cette époque je rêvais de devenir un coureur pro sur route qui mènerait une carrière sur piste. Les Jeux Olympiques étaient le rêve ultime. Par contre ce qui m’aurait vraiment rendu fier, c’est de gagner un titre avec le comité de Provence, là ce n’était pas les mêmes moyens !

« CES DERNIERES SAISONS, L'OM EST DEVENU UN SUJET TABOU »

Ce passé de sportif de haut-niveau, quelle trace a-t-il laissé en toi ?
Franchement ce qui compte c’est d’être épanoui dans ta vie. J’ai la chance de faire un métier qui me plaît, j’ai une femme que j’adore. Je ne suis pas certain que ce soit mon passé de sportif qui m’ait aidé à m’épanouir sur ces points-là. Au contraire je n’étais pas le plus sérieux à l’entraînement alors que je ne compte pas les heures au boulot. Il faut surtout s’écouter je pense, faire ce que l'on aime. Par contre je n’ai jamais arrêté le sport. Et là, tu retrouves l’esprit de compétition. Je suis dans une équipe de foot, au bout de six mois ils m’ont filé le brassard de capitaine. Le côté sportif de haut-niveau revient sur le terrain.

Au niveau football justement, comment ça se passait à l’AVC Aix ?
Alors là, vaste sujet. Moi je suis un supporter historique du Paris Saint-Germain. Pas un footix hein, j’ai des témoins s’il faut. Je me souviens de la veille d’un Paris-Mantes où il y avait PSG-Sochaux. C’était le match du maintien… J’avais soûlé Benji (Giraud) qui était avec moi dans la chambre. Je pense même que j’avais perdu la course devant le match ! A cette époque, je souffrais beaucoup avec Rosto, Benj, Nico (Nicolas Fritsch) qui étaient les Marseillais de l’équipe. Maintenant c’est devenu un sujet tabou. Ce n’est même plus marrant, je ne leur en parle plus. Je n’ai pas envie de tirer sur l’ambulance (rires). Une petite défaite de temps en temps ça laisserait un peu de suspense !


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