=► JEAN MESPOULEDE DU CCM 47 VAINQUEUR DU GRAND PRIX DE MACHECOUL

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  • Le mardi, 07 avril 2020
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Article paru dans Ouest-France en 2010

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Pour gagner à Machecoul, il fallait, comme l'an passé, avoir de très bonnes jambes certes, mais aussi maîtriser parfaitement le calcul mental. Jean Mespoulède (CC Marmande), ex-pro d'Auber, a réuni ces deux conditions ce qui lui a permis, non sans un certain mérite, de remporter l'édition 2010 de l'épreuve.

Sans calculette mais avec le classement exact de ses principaux adversaires collé sur sa potence, le coureur du Sud-Ouest a couru devant beaucoup et fait ses comptes souvent : « Après le chrono j'étais à 9'' au général et Kévin (Labeque) à 16''. On avait donc décidé de dynamiter la course et de faire rouler un maximum les équipes placées devant nous. »

La première grosse échappée a vu une vingtaine d'hommes prendre environ 50 secondes d'avance et déjà Jean Mespoulède était là. Le problème c'est que tous les coureurs de Côte-d'Armor, trois Nantais, trois Vendéens, le champion de France espoir du contre-la-montre Nicolas Bonnet et le leader normand Franck Vermeulen étaient également de la fête. Bref tous les favoris, ce qui vouait presque certainement cette tentative à l'échec. C'est donc fort logiquement que le peloton revint sur la tête de course et que tout était à refaire.

Les véritables grandes manoeuvres ont commencé à soixante kilomètres de l'arrivée quand onze coureurs reprirent les devants. L'avance de Kevin Cherruault (U Nantes), Jean Mespoulède encore, Corentin Maugé (Vendée U), Vincent Ragot (Lanester) François Lecuyer (Comité PDL) et Frédéric Bonsergent pour ne citer qu'eux, dépassa bientôt la minute. Le leader Franck Vermeulen tout comme la formation Côtes-d'Armor étaient piégés et voyaient, sauf improbable retournement de situation, leurs derniers espoirs s'envoler : « J'ai senti les gars un peu émoussés et la chute d'Armindo (Fonseca) nous a complètement désorganisés » regrettait Jean-François Rault le coach breton.

À deux tours de la banderole, le groupe de tête explosait pourtant et Jean Mespoulède qui faisait forte impression repartait à l'attaque, emmenant dans son sillage deux coureurs de Lanester, Vincent Ragot et Warren Barguil ainsi que Yann Moritz (Vendée U) tous deux revenus de l'arrière. C'est à ce moment que le Marmandais a commencé à effectuer ses calculs et tirer ses conclusions : « Les coureurs de Lanester n'étaient pas dangereux au général, je pouvais leur laisser l'étape en échange de leur collaboration pour que cette échappée aille au bout. En même temps, le seul impératif pour moi était de finir devant Moritz et j'avais course gagnée. »

Un raisonnement que le Vendéen n'a pas pu ou pas su avoir et qui lui coûtera la victoire : « C'est un petit manque de lucidité, une erreur de jeunesse, témoignait son directeur sportif, Hervé Arcade, Nous avons pris la course comme il fallait, on a toujours été représentés devant mais il aurait fallu empêcher Mespoulède de reprendre ces secondes si précieuses au final. » Sur un circuit pour ainsi dire tout plat et sans vent, c'est donc le grimpeur de Marmande qui a été le plus fin calculateur en même temps que l'homme le plus en vue de la journée. Une juste récompense en somme...