=► DECES DE L'ANCIEN PRESIDENT DU CCM47, Ernest MARCHI

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Ernest Marchi est né le 06/12/1926, il est décédé le 03/05/2017 dans sa 91ème année.

D’origine italienne, les Marchi se retrouvent dans la ville de Breiganze dans la province de Firenze, il est arrivé en Lot et Garonne en 1931 dès l’âge de 5 ans. Faut-il rappelé que comme beaucoup d’italiens de l’époque, il fuyait la dictature Mussolinienne. Avant tout il convient de saluer l’engagement de l’homme et son amour du vélo. Il est vrai qu’il n’a jamais pratiqué le cyclisme de compétition, mais en revanche, il a conduit le CCM47 dont il avait pris les commandes en janvier 1972 jusqu’au plus haut niveau national, nous y reviendrons.

Il a commencé sa carrière comme ouvrier au sein du constructeur marmandais de cuisines CESA, cette entreprise deviendra par la suite un grand partenaire du CCM et vous vous en doutez, il n’y était pas étranger. Ensuite il décide de s’installer dans la culture maraîchère, d’abords la tomate, puis la fraise et enfin la culture du poivron, il avait d’ailleurs été élu « le roi du poivron », chaque jour un semi partait de son exploitation. Le travail il aimait et il exigeait beaucoup des autres, cet homme a travaillé jusqu’à l’âge de 76 ans soit plus de 60 années de labeur. Trois passions dans sa vie : sa famille, le travail et le vélo, homme très pris et très engagé, il arrivait à dégager du temps pour tous. Et durant ses vacances, moment sacré passé en famille, il assouvissait sa passion des voyages, puis il revenait chez lui et se rendait encore mieux compte que son pays d’accueil était beau et attirant.

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A l’origine Ernest était passionné de deux roues mais davantage côté moto et c’est avec son épouse Arlette qu’il a commencé à se rendre sur des courses cyclistes et vous vous en doutez il a aimé ce sport qui ne laisse pas indifférent et…. comme un bon gâteau il l’a goûté, l’a aimé et en a redemandé toute sa vie.

Ensuite, il a commencé à fréquenter le bureau du Cyclo-Club marmandais qui « marchotait » à l’époque et un jour il s’aperçoit que ses copains de Bureau l’avait élu comme Président, il découvrit cette information le lendemain matin dans le journal, élu en quelque sorte à l’insu de son plein gré. Une autre époque il est vrai. Et c’était parti pour trente ans, trente années à servir le CCM, cela se respecte. Dès le début de sa Présidence, Ernest a commencé par renflouer les finances de son club. Il faut se rappeler que de l’association quasi exsangue de 1968 on se retrouve 15ans plus tard en 1983 comme un des plus grands clubs de l’hexagone en DN1. Exigeant envers lui-même, il l’était avec ses coureurs, il aimait rappeler que « ce n’est pas parce que l’on s’engage bénévolement qu’il faut travailler superficiellement et dans l’à peu près ». Dont acte.

 

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Il a mis en place des structures sérieuses et l’arrivée de Francis Castaing au début des années 1970 a donné une impulsion nouvelle à son équipe. Un de ses beaux souvenirs c’est lorsque Castaing remporte sa première course professionnelle devant Jan Raas. Mais après cet excellent coureur, la relève a été pleinement assurée avec Mario et Marino Verardo, Bernard Pineau vainqueur par deux fois de la Palme d’Or désignant le meilleur amateur de la saison. Puis Il y eut Claude Magni, Armand De Las Cuevas vainqueur du Dauphiné, Anthony Langella double champion de France, Pierrick Fedrigo vainqueur de 4 étapes dans le Tour de France et champion de France et Gilles Canouet, il pouvait être fier de l’éclosion de tous ces champions. Il lui arrivait parfois d’avouer il est vrai, un faible pour Magni, Fedrigo et Langella, probablement l’atavisme et le sang italien.

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Pour avoir de tels coureurs, il avait une recette : trouver des fonds, comment s’y prenait-il, et bien tout simplement en organisant des lotos chaque semaine ; et il payait de sa personne en partant avec sa camionnette pour rechercher des lots issus des produits du terroir. Par ailleurs, il mettait souvent la main à la poche pour récompenser les victoires de ses coureurs.

Beaucoup parmi ses anciens coureurs et dirigeants s’en souviennent, il aimait organiser des fêtes. Sur ses deniers personnels, il a acheté la salle du Moulin Rouge à Marmande et c’est à cet endroit que les lotos et certains repas se déroulaient. Il y avait également les lendemains du Grand Prix de la Tomate et là durant deux jours, son épouse, ses filles, les dirigeants et les femmes du club, préparaient un repas pour 300 personnes servi sous son hangar.
Pourquoi raconter toutes ces anecdotes, tout simplement parce qu’elles mettent en exergue ses qualités intrinsèques : Le travail, la générosité, l’altruisme et une grande discrétion. Il savait être proche des coureurs et ce ne sont pas ses anciens coureurs qui me démentiront.

Il a été reconnu pour les services rendus :

Chevallier de l’Ordre National du Mérite

Médaille d’Or de la jeunesse et des Sports

Médaille de la Ville de Marmande

Mais sa plus belle médaille c’est lorsque ses coureurs lui ont offert un vélo de ville pour son départ de la Présidence en décembre 2002, 15 ans déjà.

Sur la fin de sa vie, il a connu un autre bonheur, c’est lorsque son arrière-petit-fils Antoine a débuté au BMX du côte de Loriol, malheureusement ce dernier était malheureux de se rendre compte quelques temps plus tard que son arrière-grand-père ne le reconnaisse pas.

Il vient tout juste de tirer son dernier bout droit dans la sérénité. Tous les coureurs et dirigeants du CCM47 le remercient pour tout ce qu’il a apporté au sein de notre association et à notre sport favori. Nous tous, nous nous inclinons et nous adressons toutes nos condoléances à Arlette son épouse, à ses trois filles Claudette, Francine et Ginette ainsi qu’à tous les membres de sa famille.

REPOSE EN PAIX ERNEST, TOUT UN PELOTON TE CONTEMPLE.

Le Bureau du CCM47

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La cérémonie religieuse aura lieu le Samedi 6 Mai 2017 à 10 heures

En l'église de Thivras, où le deuil se réunira.
Suivie de son inhumation au caveau familial.